lundi 5 juin 2017

L'art de la bandaison

Il m’a construit ma van de rêve.

Ce projet un peu fou, cet achat impulsif du 2 janvier 2017.
Une Chevy van 1994, rouge, sur le métal dedans.

Moi qui avait toujours eu cette envie d’une chambre mobile, d’être en éternel road trip.
J’ai acheté ça un gros 1800$.

Et.

Ça nous a donné un beau projet commun.

Et.

Surtout.

Une autre voie à ce nous deux en construction.
Un tournant pour vrai.
Un truc à rêver ensemble.

Il s’est mis à tâche…avec enthousiasme.

Isolation des murs, filage électrique, pose de lambris de pin, pose de lumières encastrées, installation d’un « vent » sur le toit, ancrage d’un autre siège en avant, clouage de tapis au sol, vissage d’un rack sur le toit, collage d’un collant avec un ours qui fait des câlins à un arbre sur le côté de la van.

Il y a mis du temps, du cœur.

Des essais et des erreurs.

On a ri. 
On a essayé des trucs. 
On a simplifié le projet.
On a toujours été sur la même longueur d'onde.
Avec la même vision du résultat final.

On ne s’est jamais chicané.

On y a fait l’amour.

On a fantasmé sur les possibles de cette chambre mobile.

Puis.

C’est beau.
Pour vrai.

Il est fier de lui.
Je suis fière de lui.

Puis.
On va se le dire.

Un gars qui est fier de lui.
Qui est mieux dans sa tête.
Qui a repris le contrôle de ses finances.
Qui a des rêves et des projets.
Qui occupe ses mains.
Qui mange bien.

Ben.

Ça bande.

Des fois, c’est aussi simple que ça.


Enfin, on se comprend...
Ce n'est pas tant simple que ça.

Aller bien.










vendredi 7 avril 2017

Se commettre

Des fois.
Souvent.
C’est presque trop.

Trop pour y croire vraiment.

20 fois plutôt qu’une durant le jour.
Presque autant la nuit.
Il me dit qu’il m’aime.

Que je suis belle, magnifique, merveilleuse.
Qu’il savoure la chance d’avoir eu cette autre chance.
D’être avec moi.
À me serrer jusqu’à plus soif dans des attaques de câlins.

Des fois.
Souvent.
J’ai de la misère à le croire.

Que je sois autant.
Aussi belle dans ses yeux.
Aussi désirable.

Des fois je me dis que c’est trop.
Que c’est nécessairement faux.

Je me demande alors si c’est un rôle.
Et si c’est vraiment possible d’en jouer un avec autant de conviction.

Cette peur qu’il bluff encore.

Et que je sois le confortable, le simple, le logique, le stable.
Le en attendant.

L’invitée au diner de con.

(…)

Depuis 5 mois.
Que l’on s’est revu.
Je n’ai pourtant rien à lui reprocher.

Pour vrai.

Il est plus que parfait.
Présent, intense, généreux, adéquat.

On dort toutes les nuits ensemble.
Il m’a présenté à ses parents, est venu voir les miens.
On fait d’ailleurs un souper pour Pâques, avec ses parents et les miens, et des amis.
Son idée.

Il m’appelle son amoureuse, sa blonde à lui.
Suis son bébé chat minou ou son minou-chat.
C’est ultra kétaine évidemment.

Il me dit qu’il a envie de prendre soin de moi indéfiniment.
Qu’il aimerait que je le laisse être mon homme à tout faire.

Et.
Il ne cache plus son cellulaire.

Il est peut-être juste plus doué?

(…)

Je me suis achetée une maison.

Comme ça.

Il y a deux semaines.

J’ai regardé sur le net, j’ai vu un truc sympathique, suis allée visiter le lendemain, j’ai fait une offre la journée d’après.

Voilà.

Sans doute ce que ça me prenait pour aller de l’avant.
Un coup de cœur vers un autre possible.

Pour quitter le statu quo.

Le confort de l’habitude.

Rompre avec la vie quotidienne, depuis 25 ans, avec mon ex.
Et, avoir une maison juste pour moi.

Changer de décor.

Me séparer pour vrai, dans les faits, dans la vie de tous les jours.

Devenir une adulte.
En quelque part.

(…)

Je vais donc déménager avec mes trois enfants qu’il me reste.
Mon grand étant déjà en appartement avec son mari.
Mon ex partant en appartement également.

Je vais déménager dans une petite maison que j’aime bien.

Et le géant?

Il a résilié son bail pour le mois de juillet.
Car il ne dort jamais dans l’appartement qu’il loue depuis deux ans.

Il est soit chez moi ou soit à son chalet, dans le nord.
Il paye pour rien ou pour 4-5 nuits par mois.
C’est un peu ridicule et cher la nuit, disons.

Alors, on s’est proposé qu’il me loue mon garage.
Celui de la nouvelle maison.

Parce que moi, un garage, j’en ai rien à faire…et que lui, c’est son rêve depuis toujours d’en avoir un.
Pour bizouner dedans.

Je n’ai pas besoin de son argent et je ne compte pas sur ça pour arriver.
Duh!

Mais, ce sera du extra, du beurre dans les épinards comme dirait ma maman.
Tant qu'à payer pour une chambre ailleurs dans laquelle il ne sera jamais, de toute manière.
Autant payer chez moi.

Puis.
On ne se le cachera pas.
Il est habile de ses mains, outillé et désireux de mettre les choses à mon gout.
Indéniablement des atouts qui vont me servir.

Bien naturellement, il dormira dans mon lit.
On rigole en disant que s'il est vraiment sage il aura, des fois, le droit de dormir dans le garage.

Je sais qu'il aimerait pouvoir dire que l'on va rester ensemble.
Je sais qu’il le dit à ses amis.
Qu'il se le dit dans sa tête.

On ne va pas rester ensemble que je lui réponds.
"Je ne veux pas qu'on reste ensemble!
Tu me loues mon garage la semaine et tu as ta maison dans le nord pour la fin de semaine."

Il sourit.

Il sait que je ne peux pas dire plus pour le moment.
Que j’ai besoin de déménager seule.
Que ce soit ma maison à moi.
Que je ne veux pas me commettre avec un gars comme lui.
Qu’il me fait peur.
Et que ma confiance en lui est encore de surface.

Mais.
Quand je m’échappe et que je lui parle de la housse de couette qui sera sur notre lit.

Je le vois sourire.
Avec ses yeux.

Inch allah aurait dit ma grand-mère.
Au pire dirait ma fille.

mardi 4 avril 2017

Printemps

Il me fait toujours autant jouir.
C’est fou.

Être capable de me lécher moi-même, c’est exactement comme ça que je ferais.
Rien de trop, rien de pas assez.

La langue à la bonne place, les doigts qui vont et viennent selon son feeling qui suit toujours le mien.
Comme s’il était moi, comme si mon sexe lui parlait, le guidait.

Intuitif, il se module à mon corps, à mes moindres pulsations.
Ses mains qui me tiennent les fesses ou les seins.
Qui me placent, me recentrent, me soulèvent.
Douces ou fortes, discrètes ou invasives.

Je n’ai rien à dire ou à demander.
Il sait.

Et c’est presque tous les matins et tous les soirs qu’il me fait jouir.
Juste avant qu’il ne jouisse à son tour, en me pénétrant alors que je suis encore toute ruisselante.
Ou tout juste après être venu, sans attendre, sans repos, en se gorgeant de mon désir.
Ou même sans jouir lui.
Pour mon simple plaisir.

Je n’ai jamais connu ça autant.
Cette envie si évident de mon sexe.

Et.

De me faire faire l’amour comme je me ferais l’amour.

Juste pour ça.
Même si cela peut sembler peu.

Je l’aime.

(…)

Nous avons dormi  dans la van pour la première nuit.

Il a boisé tous les murs, installé des lumières encastrées au plafond.
Ce n’est pas encore fini mais c’est déjà beau.
Chaleureux.

La van de mes rêves.
Ceux un peu fous d'être nomade.
Avec cette carapace mobile.

Le rêve de la tortue.

On a testé le lit.
Naturellement.

Un divan genre futon avec un matelas mousse dessus.
Une couette en plume.
Vraiment confortable.

Il a branché la chaufferette un peu avant la fin de la soirée avec les amis.
Juste le temps que cela soit chaud pour se déshabiller.
Que l'humidité soit chassée.
On a ouvert la trappe sur le toit pour respirer l'air frais du printemps tardif. 
On s'est roulée sous les couvertures.

Pour s'y aimer.

mercredi 22 février 2017

Caroline

« Tu viens me rejoindre? »

Il était aux danseuses avec deux amis.

Soirée de gars avec le frère de l’un qui reste dans l’ouest.
Les danseuses, parait que juste au Québec que ça se donne pour la peine.
Passage donc obligé d'un intermède au pays.
Entre le souper chez la grand-mère et la poutine du coin.

L’autre ami, c’est son meilleur ami.
Au géant.
Celui avec qui, un jour, on va finir par coucher.
Je le sais.
Que c’est juste une question de temps avant que ça se fasse.

J’ai hésité.

Je revenais de la piscine, il était tard, je n’étais pas maquillée.
Des détails de même.

Il a insisté.

Et puis, basta…des fois l’occasion est là.
Me suis remaquillée rapidement, j'ai ramassé mes cheveux mouillés en une queue de cheval, j'ai mis des bottes noires à talons et un chandail noir sur des collants noirs.

Suis allée le rejoindre.

Ne serait-ce que pour ramener les gars s’ils avaient trop bu.
Suis fine comme ça!

(…)

Du monde pour un mardi soir.
Enfin, il me semble.

Les gars contents de me voir.
Un peu réchauffés aussi.
Pas mal même.

Ils avaient soupé là.

Puis, son meilleur ami avait déjà « spotté » sa danseuse préférée.

Qu’il s’est empressé de me désigner.

Celle assise avec une camisole turquoise.
Toute petite de partout.
Un corps d’enfant presque sur un visage qui en avait vu d’autres.
Une des plus âgées de l’endroit…by the way, son ami aussi aime bien les vieilles.

Elle est venue s’assoir avec nous et on s’est mise à jaser.

Caroline.

Son vrai nom qu’elle me dit. 


Au début, elle s’était choisie un nom de danseuse, Clara.
Puis elle a trouvé que ce n’était pas elle. 
Elle, elle était Caroline et authentique dans tout ce qu’elle faisait.

Vocation tardive, parait que ça fait juste trois semaines qu’elle danse.

On a jasé de ça.

La danse, le rapport aux clients, l’expérience, qu’elle avait un amoureux qui trouvait ça étrange qu’elle danse mais que ça excitait full.

Tiens, l’excitation de partager sa blonde. 

Plus courant qu’on ne l’imagine.


Elle me disait qu’elle ne cadrait pas trop dans la place parce qu’elle parlait trop bien.
« T’es pas vulgaire dans ton langage » lui disait souvent les gars…elle ne pensait pas que c’était un compliment.

Très ésotérique, enfin il m'a semblé, la Caroline.
Elle parlait bien pour vrai.
Vive aussi.

En cheminement vers des rencontres authentiques dans une approche de pleine conscience.
Pas trop certaine de ce que ça voulait dire dans un cadre d’un travail de danseuse mais c’était intéressant.

Ses yeux pétillaient pour vrai et son sourire lui mangeait tout son minuscule visage.
Elle trouvait que je dégageais une belle féminité.
M'a demandé si j'aimais les femmes.

Elle s’est levée, est partie un temps avec l’ami (parait qu'ils jasaient alimentation bio dans la cabine), est revenue, est repartie jaser avec d’autres gars à d'autres tables, est allée danser sur la scène.

Elle est revenue me voir ensuite pour me dire dans l’oreille que si j’avais envie d’aller en arrière avec elle, que je lui fasse signe.

Pas pressée du tout, on a continué à boire de la bière en regardant la crowd.

Puis.

On s’est décidé à se lever.

« On amène l’ami avec nous? » que j’ai demandé au géant.

On s’est levé les trois.

J’ai demandé à Caroline si ça rentrait dans sa zone de confort.
"Oui mais merci de demander"...qu’elle m’a répondu

On s’est entassé dans la minuscule cabine.

Me suis assise sur les genoux du géant.

Le temps de deux danses, je pense que je suis celle qui s’est le plus fait toucher.

Le géant, habile, avait dégrafé mon soutien gorge et me flattaient les seins.
L’ami aussi... a glissé sa main sous mon chandail.
Trop occupé à jaser et flatter Caroline, m’en suis pas vraiment rendue compte.
Des mains de l’ami.
Ça m’a fait sourire quand j’ai remarqué.

Minuscule la cabine.

Presque trop de mains et trop peu de peau nue de libre.

Il aurait fallu un corps de baleine pour pouvoir s’épivarder à l’aise.
Et se remplir de chair.

Enfin, c’était…intéressant, dense, flou aussi.
Trop de stimulation en condensé.


Moi qui aime bien le slow sexe, c’était comme boire des shooters les uns après les autres.
Rapidement avalés.
Trop.

Et.

En sortant de la cabine Caroline qui me dit qu’elle veut me parler.

Qu’elle et sa copine (qui danse aussi mais qui donne également des cours de yoga et de je ne sais pas trop quoi de zen) organisent régulièrement des soirées « sexy conscious », qu’elle pense que ce serait mon genre et qu’elle me donne ses coordonnées si jamais ça m’intéresse.

J’ai souri.

De repartir avec le numéro de la danseuse dans mes poches.

(…)

 « On propose à l’ami de venir dormir avec nous? » de demander le géant.

« Non. Il est trop saoul, il va dire oui mais il n’est pas en état pour le faire en toute conscience.  Ce ne serait pas correct et j'ai pas trop envie qu'il le regrette demain matin.»

La notion de consentement ça marche dans tous les sens et de toute évidence, l’ami était trop chaud pour décider ce qu'il avait vraiment envie.
Je ne pense même pas qu'il va se souvenir demain qu'il m'a touché les seins.

L’ami est donc retourné avec son frère qui avait arrêté de boire depuis un bout.

J’ai ramené le géant.

Il était près de deux heures du matin quand on s’est jeté sur le lit.
En total état de frénésie.
Zéro slow sexe, zéro tendre.

Un taureau en rut qui après m’avoir prise dans tous les sens, m’a léché avec persistance.
A++ pour l'effort, mon orgasme fut long à venir.

Quand j’ai jouit dans sa bouche, il s’est écroulé illico, en sueur, à mes côtés.

Endormi raide.

Faut croire que c’est fatigant, les danseuses. ;)

(...)

Tout ceci vécu.
J’ai l’impression que ça va.

Que j’ai fait le tour.
Enfin le tour qui me convient.

Je ne voudrais pas recommencer des expériences et qu’elles deviennent l’habitude, l’ordinaire, le déjà vu.

Je ne veux pas être blasée et perdre cette naïveté qui m’habite encore.
Ce regard de curiosité relative.

Je ne voudrais pas en faire de la consommation.
Surtout.

Que cela devienne une zone de confort.

J’ai vu.
Peu sans doute.
Dans cette brève incursion d'un monde à part.
Avec ses codes à lui, ses repères.

Mais.

C'est bien assez pour moi.

Plus que ça, je vais être mal à l'aise.
Je le sais.

Merci les filles.
Les danseuses ne seront plus des anonymes sans visage.
Car elles porteront, dorénavant, pour moi, le vôtre.

lundi 20 février 2017

Suis un peu bébé

Suis un peu bébé et, des fois, je boude.
Comme maintenant.

Je boude le dieu comptable.

On s’est toujours un peu écrit régulièrement depuis octobre.
Et, dernièrement, il me revenait avec plus d’insistance sur cette idée d’une soirée à trois.

Je lui ai proposé des dates pour la réalisation du projet et aussi quelques dates pour nous voir avant afin d’aligner nos envies.

Je l'ai relancé quelques fois.
J'ai retexté pour valider s'il allait bien, si c'était encore dans sa zone de confort, s'il voulait que l'on se revoit.

« Oui, oui...je regarde mon calendrier et je te reviens » qu’il a fini par me dire.

Et.
Plus de nouvelles.

J'avais compris le message et j'avais effacé notre conversation.

Il m’a réécrit genre deux semaines plus tard.

En me demandant si j’avais vécu d’autres expériences ou aventures.
Il a dû sentir que j’étais un peu froide quand je lui ai répondu que j’avais expérimenté le fat bike et découvert des nouvelles trails pas pire en arrière de chez moi.

Alors il s’est excusé d’avoir été distant.
Parait qu’il a été bien occupé.

Lui ai dit que je boudais un peu.

M’a demandé comment il allait pouvoir se faire pardonner…en m’envoyant une photo de ses fesses.

J’ai ri.

Lui ai dit que j’allais sans doute m’en remettre.

Mais.

J’ai trouvé ça ordinaire.

Et l’envie de le revoir s’est émoussée.

Déjà que j'avais moins envie de soirées avec lui.

Je n’aime pas trop avoir dans la face cette impression d’être une chose facilement disponible quand le gars est en manque de sexe.
Moi, je ne le suis peu, en manque de sexe, et j'aime croire que je cultive le dialogue sur d'autres plans.

C’est subtil la relation amant/maitresse occasionnels.

Ça demande du doigté pour ne pas réduire toute l’expérience à peu de chose.

Bref.

Je boude.

mardi 14 février 2017

La vie, c'est simple quand on décide que ce l'est.

C’est simple.
Presque trop.

Tout est presque trop simple.

Suis allée voir le gars de la terrasse.
Lundi comme prévu.

Souper sympathique comme toujours.
Sushis et vin, ce qui est une recette éprouvée des soupers pré-baise.

Il m’a embrassé vers la fin du repas.
Debout dans sa cuisine.

On a continué à manger et à jaser.
On s’est ré-embrassés.

Je l'ai pris ensuite par la main et je me suis dirigée vers sa chambre.
Dans cette envie que j’avais d’être étendue.
Je connais le chemin.

C’est lui qui m’a déshabillée le premier.
Pour s’agenouiller ensuite au pied de son lit pour me lécher avidement.
Mes jambes sur ses épaules.
Offerte à sa langue.
Il me fixait des yeux en me goûtant consciencieusement.

Très sexe.

Il a jouit trois fois sur moi.
Les yeux dans les miens.
Après que je lui ai demandé de venir dans ma bouche pour que je l’avale.

Très cochon vraiment.

Dans les regards et dans les quelques mots.
Les miens aidant sans doute les siens à naître.
Car les mots cochons, au lit, ont souvent besoin d’aide pour s'accoucher.
Pour se donner le droit d'être dit.

Je l’ai massé avec de l’huile,
Il a fait la même chose.
Sur mes fesses.

Attentif, il aime mon cul.
Beaucoup.

Puis.

On a mangé le dessert au lit.
On a ri.
On s’est collé.
On a jasé.

De tout, de rien.
Conversations de lit après l’amour.
De nos rencontres sans jamais de lendemain, aussi.
Sans cette obligation ou certitude de se revoir.

Et.
C’est un calineux.
Qui embrasse et flatte beaucoup entre les fois.
Comme un vieux mari.
Tendre.

Il me plait bien.
Ce gars de la terrasse.

Puis.

Je me suis rhabillée.
Vers 11 heures.

Suis allée rejoindre le géant.

Qui avait été faire un tour aux danseuses.
Tant qu’à devoir souper, il était allé souper là.
Il me l’avait dit.

D’imaginer ses mains sur le corps d’autres femmes m’excite vraiment.
C’est nouveau ça pour moi.
Différent comme fantasme.
Je savoure ce plaisir d'imaginer et que ça me remue le dedans.

On s’est retrouvé chez lui.

Comme d’habitude.

Il m’a ouvert la porte, nu et bandé.


Pour me prendre vigoureusement dans toutes les positions possibles.

Les voisins du bloc à côté ont dû m’entendre aimer ça. 
Jusqu’à en perdre la voix.

Et de me coller ensuite.
De m’ensevelir d’amour.

Il devait être deux heures du matin.
« je suis tellement fatigué, qu’il me dit, mais je ne peux pas m’empêcher d’avoir envie de toi et de te caresser pour que tu te fondes en moi ».

Alors, il a fait ça toute la nuit.

Se fondre en moi.
Me fondre en lui.